Neuf étaient les Muses des arts antiques, trois d'entre elles m'auront accompagné ici au Vietnam. Pays que je foule pour la troisième fois, l'étonnement qui est le propre de tout voyageur s'estompe forcément. Mais cet étonnement, je le retrouve dans le visage des filles qui m'accompagnent, dans leurs remarques, leurs attitudes, parfois naives, parfois empruntés de rejet. Chacun avec notre caractère, nous nous approprions ce pays. Qui s'adapte sans difficulté, acceptant toutes les contraintes. Qui comparant ce que ce pays peut lui offrir avec ce que lui offre quotidiennement la Suisse. Qui n'acceptant pas les coutumes qui ne sont que le reflet d'une societé à un moment de son histoire. Somme toute, avec nos caractères fort différents, nous menons a bien ce périple qui nous fait également mieux nous découvrir les uns les autres.
Les exemples abondent et cela ne fait qu'enrichir notre pérégrination. Oui, les Vietnamiens mangent du chien. Et alors ? Nous ingurgitons bien des lapins que les Chinois considèrent comme des animaux de compagnie.
Je pourrais également affirmer "Une fille, ca va. Trois filles, bonjour les dégâts !" en bon exégète de la femme et de sa complexité que je deviens. Illustration en excursionnant dans la jungle avec trois dames : le flot de leurs paroles est bien étranger aux vertus du silence que j'affectionne. Difficile dans ces conditions de "vivre seul à seul avec soi-même sans s'avoir pour ami", expression chère à Fernando Pessoa.
Intéressante est notre manière de voyager avec des personnes désirant foncer afin "de tout voir" et d'autres privilégiant un séjour plus long afin de ressentir au mieux l'énergie d'un endroit et de ses habitants. Mais l'état des moyens de transports et des réseaux de communication nous oblige à des étapes de repos à l'image de celle d'aujourd'hui à Ninh Binh. Des avis différents, des envies aussi et des attentes à l'avenant, pas facile de vivre en groupe. Mais de saines séparations adviennent et au final, tout se passe plutôt bien.
En résumé, je dirais que tout cela démontre à l'envie que la richesse qui nous est quotidienne permet difficilement de repousser la satisfaction de nos désirs. Qui plus est lorsque le rapport de force est à notre avantage avec de l'argent à ne plus en finir comparé au revenu moyen du pays. Ainsi, nos plaintes sont proportionnelles à notre richesse et il en devient difficile de ce contenter de ce qui est.
Mais ô que je suis heureux à humer les odeurs de l'Asie qui continuent de m'enhardir. Pour moi, tout n'est qu'exhaltation ; de la corpulence des femmes vietnamiennes au plus petit grain de riz avec des sourires en guise de cerise sur le gâteau, rien n'est plus beau que cet essentiel qui, tout simplement, est "Vie".
Commentaires sur cet article Boris Ducon Bravo mon petit Jacques et tu as pu certainement relever la chute que Marc a écrite : "Rien n'est plus beau que cet essentiel qui tout simplement est "Vie". C'est à se demander si la plume de Marco n'est pas divine ! Quel talent, quelle plume !
Michel et Nathalie Salut Marie, félicitations pour votre blog qui nous fait rêver. profite bien de ce magnifique voyage. Toute la famille te fait de gros bisous ainsi qu'à Véruska
Jacques Avec mon papa, nous suivons vos aventures. Nous pensons très fort à Marie, encore plus vu les circonstances. Quant à moi, j'apprécie les réflexions littéraires et philosophiques de Marco sur l'art de voyager. Merci pour les photos et les vidéos. Merci de nous faire rêver. Bonne continuation de voyage.